Créations sonores issues d'une des sources d'inspiration du spectacle BANDES / Camille Dagen et Emma Depoid / Animal Architecte

première chronique : extrait n°1 – « Song for Karen »
L’extrait n°1 – « Song for Karen » est consacré à la lettre qu’une chanteuse punk, Kim Gordon, adressa un jour à son aînée pop Karen Carpenter. One, two, three, four, five, six…

seconde chronique : extrait n°2 – « And then he kissed me »
Dans l'extrait n°2, il est question de DIY. Trois lettres qui veulent dire Do It Yourself et qui désignent aussi cette chose essentielle que le punk nous a léguée : une certaine manière d'assumer ici et maintenant ce qu'on fait, comme on le fait, avec les moyens du bord et la maladresse sincère qui va avec. Et tout le reste est littérature.

troisième chronique : extrait n°3 – « My Way »
Dans l'extrait n°3 , on parle du chemin, ou plutôt des chemins, ou encore des différentes manières de marcher sur le même chemin. La chanson dont nous parlons a été jouée, diffusée, reprise des millions de fois : mais si c'est la même chanson, ce n'est pas la même manière de la chanter, pas les mêmes vies et pas les mêmes voix. Relevé de traces de rouges à lèvres et de cigarette sur la chanson la plus connue du monde : « My Way ».

« Pour nous, c’est désormais presque une certitude : il existe dans l’air tournoyant des ondes où survivent des paroles d’amitié, de bonnes conversations-dérives qui ont eu lieu ici et là, et que des enregistreurs, quelle qu’en soit la technique, ont captées. Ça a eu lieu, ça n’existe plus, et pourtant c’est encore là, extrêmement concret. On les attrape par le revers, c’est assez satisfaisant et même un peu excitant pour tout dire, comme de trouver un fossile sur la plage quand on a huit ans - un fossile dans lequel le bruit de la vague hurlerait encore. Radio-Absence, la radio qui capte plutôt qu’elle n’émet, est très probablement une de ces antennes-radio fantômes, sans studio ni voix fixe. Il serait presque impossible de chercher à en cartographier le spectre d’émission. Avec l’équipe de BANDES, nous avons tout de même pensé que nous pourrions en isoler quelques fragments — trois —pour les mettre en partage, comme une manière de dire bonjour. Ce qu’on entend dans ces extraits, ce sont manifestement des chroniques musicales. Ça s’appelle « Potlatch potlatch », on ne sait pas de quand ça date ni qui a fait ça, ni même s’il en existe d’autres du genre. On peut y voir une sorte de série de documents sonores cachés, témoins d’une histoire elle-même secrète. Ils auraient été placés dans une bouteille vidée le soir même, à grande rasade, par une bande d’ami.e.s, n’importe quand très tard dans la nuit, puis jetés dans la mer magnétique. À l’intérieur, on dirait que quelqu’un essaye de nous rendre sensible à ce qui dans la musique se répète, se répète, puis, tout à coup, diffère : ça prend la forme d’un écho avec au-dedans, chaque fois, un décrochage. C’est le genre de choses que le punk a à offrir. Face aux hautes vitrines commerciales de l’histoire de la musique, se produit un autre type de dépense, de dette aussi, une manière d’oser saluer avec énergie des gens que l’on ne connaît pas à travers les époques. Le tout est de se passer invisiblement le mot, le rythme : des gestes punks existent, nous en avons besoin. » Animal Architecte

Après Durée d’exposition la saison dernière, Animal Architecte était de retour au Maillon pour une résidence dans le cadre de la création du spectacle BANDES

Les trois pistes sonores sont disponibles ici sur Maillon Tapes !

Conception : Kaspar Tainturier-Fink et Animal Architecte