Mené avec six autres villes européennes, le projet collectif et participatif ARK interroge les frontières que nous rencontrons quotidiennement. Dans chaque ville, le projet sera conçu spécifiquement, selon le contexte local. À Strasbourg, « capitale européenne », ville internationale et transfrontalière, nous questionnerons l’idée d’être un « étranger », de faire l’expérience de l’internationalité, pour des raisons parfois radicalement différentes.

Le projet est réalisé avec des acteurs de la société civile, des habitants, des étudiants, des nouveaux arrivants... et les artistes Élise Simonet, Leyla-Claire Rabih, Antoine Cegarra et Mathilde Mertz. En étroite collaboration avec l’équipe du Maillon, et en compagnonnage avec le collectif britannique Quarantine, ils exploreront des formes d’échange qui nous permettront de faire croiser les trajectoires européennes et des origines diverses.

Un théâtre transformé en arche

Les 16, 17 et 18 juillet 2021, la grande salle du Maillon sera transformée en une installation éphémère et modulable. En collaboration avec un groupe d’étudiants de l’atelier scénographie de la HEAR, Antoine Cegarra, Mathilde Mertz, Quarantine, Leyla-Claire Rabih et Élise Simonet inventeront une arche qui accueillera différentes propositions artistiques, un espace de vie à la croisée de l’atelier de construction, de la salle de classe alternative, de l’agora, de la caverne et du terrier.

On y trouvera des espaces de repos, une bibliothèque partagée, des recoins pour lire et converser tranquillement, et de grandes tablées pour discuter à plusieurs, ou pour manger le midi. Pendant ces trois jours publics, l’Arche sera accessible à tout moment et proposera des ateliers pratiques, des performances et des rencontres pour toutes et tous.

Comme le formule Quarantine, il est question d’un lieu où puissent s’échanger des paroles, des savoirs, des gestes, entre des êtres qui apparaissent, se considèrent ou sont définis par la société comme étrangers. Un lieu où les vies puissent se pratiquer intensément, où du commun autant que des antagonismes puissent trouver à frictionner, pour renouveler nos manières de vivre ensemble. Ce lieu, c’est avec les habitants de Strasbourg que les équipes souhaitent le réaliser et l’habiter.

Dès le mois de février 2021 débuteront une série de rencontres et d’ateliers. Car ARK, c’est avant tout un processus au long cours, en lien avec de nombreuses structures du champ social, associatif et éducatif. Ce temps permettra d’inventer cette Arche à leurs côtés, qu’elle devienne une réelle fabrique d’expérience, et contribue à déplier les imaginaires, les questionnements et les désirs des habitants participants.


Pour mener à bien cette aventure seront donc mis en œuvre, dès janvier, une série de rencontres et d’ateliers, qui mèneront à un temps public, les 16, 17 et 18 avril. Ces ateliers seront menés par les artistes Leyla-Claire Rabih, Élise Simonet, Antoine Cegarra et Mathilde Mertz.
Tour d’horizon de ces ateliers !


les promenades de l’arche

Leyla-Claire Rabih propose des ateliers de pratiques théâtrale axés sur l’usage de la ville, la notion de frontière dans la ville et la mise en récit des expériences de la ville comme trajectoire. Il s’agit de superposer et mettre en forme les perceptions subjectives du quartier autour du Maillon, et de la ville de Strasbourg.
L’objet de cet atelier ne sera pas de créer un spectacle mais de pouvoir emmener des spectateurs en promenade lors des journées ouvertes ARK en juillet, sortes de visites guidées subjectives, qui tourneront autour de la question : « Dans quelle ville je vis ? »
Ville réelle ? Ville rêvée ? À qui appartient Strasbourg ? Qui sont ses habitants ? Qui FAIT la ville ? Pour aborder ces questions nous partirons du quartier du Wacken : qui habite le quartier du Wacken ? Qui y travaille ? Qui le traverse ? Qui y prend refuge ? Qui le fuit ? À partir de ces questions seront établis des parcours subjectifs, mettant en évidence leurs liens avec les lieux traversés.
Les participants deviendront eux-mêmes guides et feront découvrir aux spectateurs l’expérience qu’ils auront effectuée plus tôt. Ils partageront ainsi des promenades de 30 minutes avec une ou deux personnes à travers la ville, au fil d’un parcours défini qui laissera la place à des récits individuels préalablement travaillés en atelier.

--- Infos : Céline Coriat celine.coriat@maillon.eu

l’assemblée des savoirs

Toute notre vie, nous multiplions des expériences. Au travers de nos études, des emplois que nous exerçons, dans nos loisirs, mais aussi dans nos liens amoureux, familiaux et amicaux, dans nos relations aux autres, tout au long de notre vie sociale, nous accumulons des pratiques et des expériences qui forment un vaste réseau de savoirs que nous réutilisons ensuite sans toujours avoir conscience de leur richesse.
Souvent, ces savoirs ne sont pas reconnus comme tels, car ils ne semblent pas immédiatement utiles ou productifs aux yeux de la société. Pourtant, ils n’en sont pas moins essentiels, et nous servent tous les jours à aiguiller nos existences : savoir élever seul·e ses enfants quand on est un parent célibataire ; savoir le nom de toutes les plantes comestibles et toxiques de la forêt de la Robertsau ; savoir par cœur le nom des rues et des places de Strasbourg ; savoir écouter et avoir de l'empathie...
Avec L’Assemblée des savoirs Antoine Cegarra propose un atelier collectif où il s’agira de découvrir et de partager ces savoirs enfouis, par le biais de l’écriture, du théâtre, de la danse, du chant. Ces savoirs seront déployés et partagés lors du temps public ARK qui se tiendra à la mi-juillet au théâtre.

--- Infos : Irène Cogny irene.cogny@maillon.eu

converser

Cet atelier propose des tête-à-tête, pour penser à voix haute et observer le chemin de la fabrication des idées et des images par le langage. Élise Simonet y rencontre des bilingues, des polyglottes, des apprenant·e·s et des couples mixtes pour questionner les langues, dans leur usage intime et public.
Déjà réalisé dans des contextes multilingues dans les villes de Bruxelles et de Fribourg, la version strasbourgeoise de ce projet propose un nouveau territoire d’échanges. Qu’est-ce qu’une langue maternelle ? Comment une langue peut-elle devenir hospitalière ? Peut-on perdre sa langue ? La donner au chat ?
Les conversations sont guidées par une série de cartes dessinées, proposées par les étudiants de la HEAR. Sans cesse augmenté par de nouvelles questions, mots et dessins, tels des citations ou des interprétations des conversations passées, ce jeu de cartes infini tracera la mémoire des rencontres et des pensées formulées.
Au moment de l’ouverture de l’Arche, le public pourra à son tour expérimenter le projet en autonomie à l’aide du jeu de carte et des livrets.

--- Infos : Mélanie Bauré melanie.baure@maillon.eu

le chœur de l’arche ---

Comment utilise-t-on notre voix ? Que savons-nous d'elle ? Quelle place a-t-elle dans notre vie, au quotidien ? Par le biais d’expériences et d’improvisations vocales, Mathilde Mertz, cheffe de chœur et chanteuse, invitera les participant·e·s à découvrir cet organe invisible qui est la source de notre identité sonore. Ici nul besoin de maîtriser le solfège ou d’avoir l’oreille absolue : il ne s’agira pas de monter un répertoire mais bien plutôt de se rencontrer vocalement. Se rencontrer, à travers les sons parfois plus que les mots, grâce à la perception sensible des différentes langues parlées par le groupe, et en nous appuyant constamment sur les résonances corporelles et les différentes acoustiques du lieu.

--- Infos : Victorine Seitz relations-publiques@maillon.eu

Pour découvrir le projet plus en détail :
---> Moving Borders, un réseau européen
---> Le collectif Quarantine
---> Les artistes du projet strasbourgeois

moving.borders.org
cofinancé par le programme Europe créative de l’Union européenne


parteraires
Hellerau - Centre européen des Arts de Dresde
Ringlokschuppen (Mülheim, Allemagne)
Teatro Municipal do Porto (Portugal)
Onassis STEGI (Athènes, Grèce)
Institut des arts du spectacle de Varsovie (Pologne)
SPRING Performing Arts Festival (Utrecht, Pays-Bas)